Économie malgache : L’impact des variations de la production de gousse vanille sur le pays

Économie malgache : L’impact des variations de la production de gousse vanille sur le pays

6 janvier 2024 0 Par Valentina

La gousse vanille est l’une des principales bases de l’économie de Madagascar. Fut un temps où le pays était le premier producteur mondial dans ce secteur. Aujourd’hui, il doit faire face à la concurrence. Un défi de tous les jours qui impacte grandement son économie locale. Sans compter que la production locale varie d’une année à une autre. Une situation que les autorités sur place tentent d’ailleurs de prendre en main avec différentes initiatives.

La dépendance de l’économie de Madagascar sur la gousse vanille

Il y a quelques années, la gousse de vanille de Madagascar était la principale source de revenus du pays. Il était le premier exportateur mondial, occupant plus de 80 % du marché international. Les recettes provenant de cette filière n’étaient donc pas des moindres. Et, une grande partie de la région nord de l’île rouge s’est entièrement consacrée à la production de Vanille.

Mais, la situation a changé en 20 ans. Les crises, qui se sont succédé, ont encouragé l’apparition de nouveaux concurrents sur le marché. Les changements climatiques ont impacté la qualité des gousses de vanille qui ont perdu de leur saveur et de leur couleur. De quoi décourager aussi certains importateurs.

Au cours de la saison de 2023, le prix du kilo de vanille de Madagascar s’est vendu à seulement 17 dollars le kilo sur le marché international. Aujourd’hui, le pays n’occupe même plus la moitié du marché international. En 2018, par exemple, l’île n’a pu fournir que 1 879 tonnes contre un peu plus de 6 000 tonnes vendues sur le plan mondial. Les quantités augmentent un peu en 2022 avec 2 268 tonnes de vanille provenant du pays.

Pourtant, la filière de la vanille de Madagascar est aujourd’hui plus vulnérable aux fluctuations du marché. Sur le plan international, la demande d’épices est de plus en plus forte. La vanille est l’une des plus cher et l’une des plus demandées. Mais, les autres pays comme l’Indonésie sont à même de produire de plus grandes quantités à des prix moins cher. De quoi séduire les importateurs. Madagascar, malgré l’authenticité bien connue de sa gousse, doit donc s’aligner. En 2023, par exemple, le kilo s’est venu à 17 dollars à peine.

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Gousse de vanille de Madagascar et dépendance internationale : une situation qui ne satisfait plus les producteurs

Cette dépendance de la filière gousse vanille de Madagascar au marché international ne plaît plus aux producteurs locaux. Pour eux, en effet, c’est leur principal moyen de subsistance. Ils ont dû s’adapter aux nouvelles exigences des autorités pour espérer faire augmenter les prix. Tel est le cas des normes de traçabilité des produits ou les règles éthiques ou la protection des ressources naturelles pour assurer la durabilité de la filière.

En échange, les autorités avaient promis un prix plus intéressant. Notamment, au cours de la saison 2023, un pied plafond des prix avait été mis en place. Cela consistait à ne pas baisser au-delà d’une certaine somme lors de l’exportation de la vanille. C’était sans compter sur la concurrence et l’intransigeance des importateurs internationaux. À la dernière minute, il a fallu accepter un tarif plus bas.

Non seulement la rémunération n’a pas été à la hauteur des attentes des producteurs. Mais en plus, ils n’ont pas pu exporter l’ensemble de leur récolte. Certains sont restés avec des tonnes d’excédents sous le bras qu’ils ont tenté d’écouler à très bas pris sur le marché national. Rien n’y fait. Selon les spécialistes, cette situation aura certainement des répercussions lors de la prochaine saison de la vanille à Madagascar. Il faudra en amont écouler les excédents de cette année avant de proposer de nouveaux produits. Ce n’est pas idéal pour la qualité.

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